Un peu de philo (ça fait pas de mal, croyais moi...!!)....
Il n'est pas rare d'entendre dans les propos d'homophobes que l'homosexualité est anormale, qu'un homme doit aller avec une femme… A première vue, il semble clair que seul l'hétérosexualité, ou tout du mois les rapports hétérosexuels, permettent la survie de l'espèce humaine. Ainsi, l‘homosexualité semble aller à l'encontre des projets de la Nature ! Peut-on alors dire que l'homosexualité est contre-nature ?
Il faut déjà essayer de comprendre ce que l'on entend par « nature ».
Si l'on comprend « nature » au sens Nature, de cycle de la Nature, à savoir la reproduction, alors là, il est indéniable qu'être homosexuel est contre-Nature.
Cependant, dire de quelque chose qu'il est contre-nature, c'est-à-dire qu'il n'est pas conforme à sa nature même ! L'homosexualité ne serait alors contre-nature que si elle va à l'encontre de la nature humaine, et non pas à l'encontre de la Nature.
Cependant, pourquoi dissocier ces deux natures ? L'homme n'est-il pas une créature de la Nature, et en tant que telle, ne se plie-t-il pas à ses règles ? Mais s'il s'avère que la scission entre la loi de la Nature et la loi humaine (il conviendra alors de comprendre la source de cette loi) est réelle sur bien des aspects, ne serait-il pas totalement absurde de reprocher à une classe d'individus d'être contre-Nature si l'humanité toute entière ne respecte plus cette loi ?
Il est impossible de nier que l'homme est un « fils de la Nature » à savoir qu'il est le fruit de l'évolution des espèces.
Les premiers sont apparus à l'état de nature, comme le rappelle Rousseau, avant de fonder les sociétés humaines telles que nous les connaissons. Seulement, si l'origine « naturelle » de l'homme est incontestable, il devrait s'en suivre que l'homme soit soumis aux lois strictes de la Nature… Or on peut objecter à cela deux remarques. Premièrement, le choix de l'expression « loi de la Nature » n'est pas anodin, et n'est pas non plus un abus de langage. La nature comporte en effet des lois, non pas au sens juridique, mais au sens scientifique du terme, à savoir qu'elles ne doivent être (théoriquement) enfreintes par aucun être la peuplant.
Ainsi la « survie du plus apte » ou la « supériorité numérique des herbivores sur les carnivores » sont des exemples de lois, qui assurent comme tout système, son équilibre et son fonctionnement actuel de notre société : les hommes est bien « fils de la Nature », pourquoi s'est-il imposé d'autres règles, qui viennent compléter ou parfois annihiler les lois déjà existantes ? Deuxièmement, on voit aisément que l'homme a des rapports sexuels en dehors des périodes de reproduction (première infraction) et qui ne visent, dans la quasi-totalité des cas, aucunement la reproduction (deuxième infraction). Ainsi, on met en évidence deux problèmes.
Pourquoi l'espèce humaine semble t-elle être la seule espèce à transgresser ces lois ? Et pourquoi les transgresse t-elle ?
Comparons un animal autre que l'homme à un homme. Quelle différence voit-on ?
L'animal est soumis entièrement à son instinct, cette règle qui lui est immanente. L'homme, lui, semble plus « libre », c'est-à-dire qu'il est en mesure s'il le souhaite de refuser ou obéir à son instinct, à toute autre règle. L'animal obéit aveuglément justement parce qu'il ne « voit » pas qui il est, ni n'est capable de prendre du recul sur ce qu'il fait. L'homme, à l'inverse, a conscience de lui-même.
Il est conscient d'être lui, d'être distinct du monde avec lequel il interagit.
L'homme pense et il sait qu'il pense. L'homme se différencie donc de l'animal par la conscience, non pas la conscience passive, mais la conscience « véritable », ce rapport au réel par lequel l'homme analyse ce qu'il faut et vit. Et plus que tout, l'homme a conscience de ses désirs. Les désirs ont donc une place privilégiée dans la vie de l'homme ; il désire, et il sait qu'il désire, et cette connaissance lui permet de chercher un moyen d'obtenir la satisfaction de ce désir.
L'homme n'a donc pas la vie « passive » qu'ont les animaux : inconscients de leurs désirs (mais pas de leur besoins, comme la nourriture par exemple), ils ne cherchent pas leur satisfaction, se contant d'obéir à leur instinct (n'étant pas conscient, ils ne pensent pas agir autrement ; on peut même dire que l'animal ne pense même pas). Ainsi, l'homme de par sa conscience, est en mesure de transgresser les lois que l'on veut lui imposer, et à la recherche de la satisfaction de ses désirs le pousse à enfreindre ces lois. L'homme n'est donc plus soumis aux lois de la Nature, mais à ses désirs (l'homme ne cherche t-il pas en permanence à éloigner la souffrance et satisfaire son plaisir ?). La nature de l'homme est donc de chercher la satisfaction de ses désirs, tant que son sens moral ou sa raison ne l'en dissuade pas. Mais si un homme trouverait la satisfaction de ses désirs dans la relation avec un autre homme, ne serait-il pas au contraire dans la nature de l'homme s'essayer d'assouvir ce désir ? On est donc ramené à essayer de savoir si l'homosexualité est immorale ou non… Mais là, il ne nous est plus réellement possible de juger la moralité d'un fait.
Cependant, si l'on considère qu'un fait est moral s'il est conforme au bien, et que ce qui est bien et ce qui est fondamentalement désirable sans considération d'une utilité éventuelle, on s'aperçoit qu'alors l »homosexualité et hétérosexualité sont égales ; devant la morale. En effet, ôtons toute utilité à l'hétérosexualité (à savoir la reproduction, la survie de l'espèce etc.) et tout considération religieuse, elle en devient toute aussi démunie que l'homosexualité.
Ainsi, on voit que l'homosexualité ne peut-être jugée contraire à la nature même de l'homme que si on la considère comme immorale, car l'homme de pas sa nature tend vers la satisfaction de ses désirs. Cependant, rendre immorale l'homosexualité, c'est par là même rendre immorale autre sexualité…
Il est alors évident que l'homosexualité n'est pas contre nature que l'hétérosexualité…